Mourir peut attendre. (Ou pas.)

The Bond of the living dead

Pendant 15 ans, l’agent secret incarné par Daniel Craig aura tenté de survivre a la plus périlleuse des missions de sa longue carrière: garder la forme dans le système hollywoodien. La franchise aura constamment dansé sur le fil du rasoir, tiraillée entre sa longévité exceptionnellement rentable et son aura historique empêtrée dans le passif (am-)moral de l’ancien Bond.

Depuis 2006, on aura donc tout eu: du très bon (Casino Royale), du sublime (Skyfall), du raté (Quantum of Solace) et même du vide (Spectre). Quatre films freinés ou magnifiés par leur contexte social, économique et artistique, de l’affaire Weinstein à la grève des scénaristes en passant par des nouvelles formes visuelles et des audaces narratives de pertinence variable.

« Mourir peut attendre » n’est rien de tout ça. Ou plutôt… il est tout ça à la fois. Un monstre hybride et un équilibriste fébrile qu’un liant bancal voire mortifère tente de maintenir debout pendant 160 minutes. Cela donne un film qui fait mine de se ré-inventer mais qui au fond trahit le socle sexagénaire sur lequel il s’appuie, dont il ne sait que trop bien ce qu’il devrait – et va – faire.

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Kaamelott: Premier Volet

*11/08/21*

Tiens, je viens de me souvenir qu’on est allé voir ce truc, il y a 2 semaines.

La première chose plutôt cool est que c’était pas vraiiiiiment chiant, ce qui m’a beaucoup surpris. J’ai du regarder les 4 premiers livres quelque chose comme 20 fois et qu’on le veuille ou non, Astier a créé comme Michel Audiard une langue à lui depuis 2005, et une langue drôle (souvent) comme balourde (parfois). Kaamelott est devenue une référence populaire dont je fais partie des pratiquants, et j’ai passé une messe somme toute pas désagréable en salles.

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Richard Donner

*05/07/21*

Ah ben merde Richard, v’là qu’t’es mort.

Je pensais encore à toi la semaine dernière, tiens. Un truc à base de « j’suis trop vieux… »

Tu me permettras de t’appeler Richard, hein, parce que bon, je sais, je suis un français né en 1982 et toi t’étais un ricain de 91 ans donc on ne peut pas vraiiiiiment dire qu’on se connaissait, mais bordel, qu’est-ce que t’as squatté mon salon, putain.

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Jean-Pierre Bacri

* 26/01/21 *

Je n’ai pas eu la pire des enfances mais on peut dire qu’à certains égards ce n’était pas la plus tranquille non plus.

Bon, rassurez-vous, ce n’est pas du tout le sujet de ce post, mais c’est clairement le contexte de l’époque, c’est-à-dire les 90s.

Vers 10 ans je subissais mon premier vrai électro-choc de cinéma devant « Les Canons de Navarone » que m’avait montré mon père. J’étais fasciné par ce que je venais de voir et je suis devenu un cinéphage frénétique: je démarrais fissa ma petite collection de films en VHS grâce aux enregistrements TV du dimanche soir (« 2 films sinon rien ! ») et du mardi soir (« le mardi c’est permis ! »). Parfois l’antenne hertzienne merdait pendant l’enregistrement à cause d’un orage à la con pendant la nuit, et je me retrouvais le lendemain avec une qualité d’image dégueulasse, bien blasé. Beaucoup plus rarement, j’étoffais ma collection avec quelques K7 flambant neuves achetées en magasin (en général la semaine qui suivait mon anniversaire, forcément).

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The Torture Report (Scott Z. Burns – 2019)

*7/10/20*

Sur les conseils de Melvin Zed j’ai regardé aujourd’hui « The Report » de Scott Z. Burns sorti l’année dernière, traitant du fameux rapport conduit par une sénatrice démocrate pour faire la lumière sur les « techniques d’interrogatoires renforcées » (comprendre tortures, hein, justement, c’est le mot qui est barré sur l’affiche de film) utilisées par le CIA après le 11 septembre pour arriver des années plus tard à l’opération Neptune’s Spear, c’est-à-dire la mort de Ben Laden dans sa maison fortifiée.

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Revenge (Tony Scott – 1990)

* 05/01/21 *

Sorry folks for the huge late night text – you don’t have to go through anyway and this is all Tony Scott’s fault, actually.

In Tony Scott’s top best movies, I always put the same 3 ones: True Romance (1993), The Last Boy Scout (1991)… and the one everyone has completely forgotten: Revenge, released in 1990.

I don’t love the movie because it’s perfect. It’s pretty fucking far from perfection, actually, and this is exactly why I love it so much.

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