Richard Donner

*05/07/21*

Ah ben merde Richard, v’là qu’t’es mort.

Je pensais encore à toi la semaine dernière, tiens. Un truc à base de « j’suis trop vieux… »

Tu me permettras de t’appeler Richard, hein, parce que bon, je sais, je suis un français né en 1982 et toi t’étais un ricain de 91 ans donc on ne peut pas vraiiiiiment dire qu’on se connaissait, mais bordel, qu’est-ce que t’as squatté mon salon, putain.

T’arrêtais pas. Tout le temps dans les parages. Ça fait 30 ans que tu squattes, Richard.

Tu m’en voudras pas, mais ton super-héros en collant m’a plu sans jamais totalement me séduire, même tout jeune.

Tes gosses en pleine course au trésor, je les ai aimés très souvent il est vrai, mais sans pour autant les inviter systématiquement à chacun de mes goûters. De bons copains mais pas des amis, quoi.

J’ai bien aimé ton truc bizarre à base de faucon médiéval et de Michelle aussi, quand j’étais petit. Ça, ça m’avait marqué.

Et je dois dire que j’ai toujours été très flatté que tu donnes mon nom au personnage le plus evil de l’Histoire du cinéma, 6 ans avant ma naissance. Ça m’a fait super plaisir, après coup.

Du reste de ta carrière je ne peux pas dire que j’étais ultra fan. De ton joueur de cartes propret en passant par ton chauffeur de taxi parano ou encore ton Banderrrrras rrrrroulant un peu trrrrop les rrrrr j’ai tout suivi, mais je suis surtout resté fidèle à Riggs et Murtaugh.

Murtaugh et Riiiiiiiiiiiiiggs.

Gros squatteurs de mon salon devant l’Éternel, eux aussi, ne serait-ce que l’été dernier, quand avec 3 amis on s’est enchainé tes 4 volets létaux à la suite. On a fini tard, mais on a fini BIEN.

Ce soir je me suis souvenu que j’avais vu le dernier épisode de ta saga en 1998 dans un ciné de St-Malo. La salle était vide, j’y étais absolument seul au milieu de 200 sièges silencieux qui s’en foutaient complètement de moi.

Pour une fois c’était moi qui squattais en solo ton univers, pas l’inverse. Le film n’était pas foufou, soyons honnête, mais l’ado de 16 ans s’était réjoui aux larmes, en particulier pendant le générique de fin aussi testamentaire qu’émouvant.

Bon ben du coup maintenant t’es parti, Richard.

Mais je sais que tu vas encore salement squatter mon salon.

De toute façon t’as jamais demandé mon avis en 30 ans.